SPORTS ET GENRE/ ILS ONT TUÉ LE PÈRE MAIS C’EST MIEUX AINSI

Les préoccupations actuelles des différentes autorités en charge des sports dans le monde concernent la protection des femmes. Elles travaillent au quotidien afin de promouvoir les femmes et d’en assurer une présence acceptable. Cette dynamique n’est ni plus ni moins qu’un parricide. Le père de l’olympisme moderne, Pierre de Coubertin, ne voulait pas des femmes dans les sports. C’est un parricide heureux, salutaire dont personne ne se plaint.

S’il a fallu attendre près de 90 ans avant de voir une femme accéder au comité exécutif du CIO, c’est parce que pendant tout ce temps l’esprit du père prévalait et s’imposait. Si l’on ne pouvait trouver de femme licenciée en boxe, en football et en rugby jusqu’en 1961, c’est parce que la ligne tracée par le Père avait encore pignon sur rue. De même, si aux jeux de Berlin il y avait 1 femme pour 10 hommes, si le rapport était de 7 hommes pour 1 femme aux jeux de Montréal (1976), c’est que la « fatwa » édictée par le Père contre les femmes dans les sports habitait toujours les esprits et les contrôlait.

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Mais alors, il y a de bons esprits qui n’ont pas oublié Jeanne d’Arc, Menelik, Nefertiti, Astarté, Rosa Park : il y en a qui ont œuvré au quotidien à souligner la bravoure de Nawal El Moutawakel qui marque l’histoire en cette année 1984 om le 400m haies était ouvert pour la première fois aux dames… Ceux-là ont balisé la voie au parricide et il faut le leur reconnaître.

À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, dit-on. Leur œuvre « criminelle » fait plutôt sourire aujourd’hui. Ils sont des parricides excusables, le monde des sports leur en en saura éternellement gré. C’est grâce à eux que depuis deux olympiades, on dénombre presque autant d’athlètes femmes que d’athlètes hommes. C’est grâce à eux que de plus en plus de femmes apparaissent dans les establishment des sports, à des postes re haute responsabilité. C’est encore grâce à eux qu’au Togo, plusieurs femmes dirigent des fédérations nationales sportives. Tout le monde est témoin qu’elles ne sont pas moins endurantes et efficaces que les hommes.

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En vérité, la profession de foi du Père : « Une olympiade femelle serait impratique, inintéressante, inesthétique et incorrecte » et « « Le rôle de la femme devrait être avant tout de couronner les vainqueurs » est aujourd’hui et, depuis quelques décennies, bruyamment démentie par l’évolution du monde. Comment est-ce encore possible de maintenir des femmes à l’écart des sports dans le monde actuel où dans certains pays il y a plus de femmes que d’hommes ?

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En vérité, le premier parricide, c’est le temps. Le temps qui coule et qui passe, charriant dans ses mailles les envies et les illusions, les certitudes et les prévisions. Le temps a eu raison de Coubertin ; il est décédé le 2 septembre 1937 : c’était sa première mort. Avec la poussée numérique des femmes dans les sports et dans l’olympisme, à tous les niveaux, Charles Pierre Fredy de Coubertin est à nouveau mort. C’est sa deuxième mort. Ses lointains disciples l’ont planifiée et exécutée. Au bonheur des dames, comme dirait Zola.

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