DU TERRAIN DE FOOTBALL AU SACERDOCE : L’ÉTONNANT PARCOURS DU PÈRE CHASE HILGENBRINCK

L’histoire du père Chase Hilgenbrinck est un témoignage particulièrement intéressant de discernement vocationnel. Elle montre qu’une carrière prometteuse, la réussite sportive et les ambitions personnelles peuvent parfois céder la place à un appel que l’on estime plus profond : celui de servir Dieu dans le sacerdoce.

Mais son histoire est d’autant plus remarquable qu’il n’a pas simplement abandonné le football : il avait déjà connu le haut niveau professionnel avant de prendre cette décision.

1. Une passion pour le football depuis l’enfance

Chase Hilgenbrinck est né le 2 avril 1982 aux États-Unis. Il grandit à Bloomington, dans l’Illinois, au sein d’une famille catholique pratiquante. Ses parents, Mike et Kim, lui transmettent très tôt la foi chrétienne. Avec son frère, il fréquente régulièrement l’église et sert même comme enfant de chœur.

Mais Chase nourrit également une grande passion pour le football. Il commence à jouer dès l’âge de cinq ans et se distingue rapidement par ses qualités sportives.

Son talent lui permet de franchir plusieurs étapes importantes :

— Il devient joueur All-American au niveau secondaire.

— Il intègre l’université Clemson, en Caroline du Sud, où il joue au sein de l’équipe universitaire de première division (NCAA).

— Il participe aux compétitions universitaires nationales et contribue aux bons résultats de son équipe.

— Il poursuit ensuite sa carrière professionnelle au Chili, après ses études universitaires en 2004.

2. Une carrière professionnelle au Chili et aux États-Unis

Après avoir obtenu ses diplômes en espagnol et en commerce international à Clemson, il rejoint le club chilien Huachipato en 2004. Il évolue ensuite à Deportes Naval, puis à Ñublense, où il connaît une période particulièrement remarquable. Il contribue notamment à la montée de Ñublense en première division chilienne en 2006. Il acquiert une certaine notoriété auprès des supporters et devient un joueur apprécié.

Après quatre années passées dans le football professionnel chilien, il revient aux États-Unis en 2008. Il rejoint alors les New England Revolution, club évoluant en Major League Soccer (MLS), l’un des championnats professionnels les plus importants d’Amérique du Nord.

À 26 ans, il est donc parvenu à réaliser le rêve de nombreux jeunes footballeurs : vivre du sport au plus haut niveau. Et pourtant, c’est précisément à ce moment-là que son existence va prendre une direction inattendue.

3. L’appel de Dieu : quitter le football pour entrer au séminaire

L’histoire de Chase ne commence pas par une déception sportive. Il ne quitte pas le football parce qu’il aurait échoué à devenir professionnel. Au contraire, il a déjà réalisé une grande partie de son rêve.

Cependant, pendant ses années passées au Chili, loin de sa famille et de son environnement habituel, il traverse une période de réflexion intérieure.

Malgré ses réussites, une question profonde l’habite : est-ce véritablement là toute la vocation de sa vie ?

Sa foi catholique, la prière, la fréquentation des sacrements et l’adoration eucharistique prennent progressivement une place déterminante dans son discernement. Il comprend qu’il désire consacrer sa vie à quelque chose qui dépasse la réussite personnelle et la reconnaissance sportive. Après plusieurs années de discernement, il prend une décision radicale.

Le 14 juillet 2008, Chase Hilgenbrinck annonce officiellement sa retraite du football professionnel afin d’entrer au séminaire.

Le 19 août 2008, il commence sa formation à Mount St. Mary’s Seminary, à Emmitsburg, dans le Maryland, comme séminariste du diocèse de Peoria, dans l’Illinois.

Il renonce ainsi à une carrière sportive pour entreprendre un long chemin de formation sacerdotale. Dans une déclaration rapportée par la presse à l’époque, il explique que sa passion est désormais de faire la volonté de Dieu et de désirer ce que Dieu veut pour lui.

4. Devenir prêtre : une nouvelle mission en 2014

Après six années de formation et de discernement, son cheminement aboutit à l’ordination sacerdotale. Le 24 mai 2014, Chase Hilgenbrinck est ordonné prêtre catholique pour le diocèse de Peoria, dans l’Illinois.

Celui qui avait autrefois porté le maillot d’un club professionnel revêt désormais la soutane et célèbre l’Eucharistie. Ses premières missions pastorales comprennent notamment :

— Le ministère de vicaire paroissial à l’église Sainte-Anne d’East Moline.

— Un service d’aumônerie auprès du lycée Alleman, à Rock Island.

— En 2016, une nomination au St. John’s Catholic Newman Center de l’université de l’Illinois, à Champaign, où il accompagne spirituellement les étudiants.

Son parcours le conduit également à retourner au Chili en 2016, non plus comme footballeur, mais comme prêtre. Il y célèbre une messe dans une chapelle où il avait l’habitude de prier lorsqu’il était joueur. Plus de 600 personnes viennent participer à cette célébration, notamment des supporters et des personnes qui l’avaient connu pendant sa carrière sportive.

Il témoigne alors de la continuité entre ses deux expériences : les vertus acquises dans le sport, notamment le sacrifice, la solidarité, la discipline et l’esprit d’équipe, peuvent également servir la vie chrétienne.

5. Où est-il aujourd’hui ? Que fait-il en 2026 ?

C’est probablement la partie la plus intéressante de son histoire : Chase n’a pas disparu de la vie publique après son ordination. Bien au contraire, il met aujourd’hui son expérience au service des vocations sacerdotales.

En octobre 2026, il exerce son ministère dans le diocèse de Peoria, où il est directeur du recrutement au sein du service diocésain des vocations sacerdotales. Il accompagne les jeunes hommes qui réfléchissent à l’appel de Dieu et les aide à discerner leur avenir.

Ses activités comprennent notamment :

— L’accompagnement des hommes qui envisagent de devenir prêtres.

— Des interventions dans les paroisses, les établissements scolaires et les retraites spirituelles.

— L’organisation d’activités destinées à faire connaître la vocation sacerdotale.

— Le témoignage auprès des jeunes sur la foi, la persévérance et le sens de leur existence.

Il a également exercé comme aumônier universitaire au St. John’s Catholic Newman Center de l’université de l’Illinois.

Une information particulièrement intéressante : en juillet 2026, à l’occasion de la Coupe du monde de football, la chaîne américaine 25News Now lui a consacré un reportage intitulé From professional soccer to the priesthood, now he helps others find their way.

Dans ce reportage, il explique qu’il continue à aimer le football. Il lui arrive encore, en regardant les matchs, d’imaginer les stratégies et les mouvements qu’il aurait pu réaliser sur le terrain. Il a même été interrogé sur sa préférence entre Lionel Messi et Cristiano Ronaldo : il a répondu Messi !

Mais ce qui le rend aujourd’hui le plus heureux, affirme-t-il, ce sont les rencontres avec les fidèles et le fait d’être présent dans les moments importants de leur vie : baptêmes, mariages, célébrations et épreuves.

Il utilise également les enseignements du sport pour accompagner les jeunes : persévérance dans les difficultés, humilité devant l’échec, discipline et recherche de l’excellence.

6. Une leçon spirituelle : le football n’était pas sa vocation ultime

Le témoignage de Chase Hilgenbrinck mérite d’être compris avec justesse. Il ne signifie pas que le football serait incompatible avec la foi chrétienne, ni que toute réussite professionnelle devrait être abandonnée pour devenir prêtre.

Il rappelle plutôt une vérité fondamentale : réussir sa vie ne consiste pas nécessairement à réaliser tous ses rêves personnels, mais à découvrir ce à quoi Dieu nous appelle.

Chase avait consacré des années à devenir footballeur professionnel. Il avait atteint le niveau dont rêvent des milliers de jeunes. Pourtant, il a découvert que cette réussite ne suffisait pas à combler son désir profond.

Il a alors accepté de changer radicalement de direction.

Aujourd’hui, il ne cherche plus à remporter un championnat de football, mais à aider d’autres hommes à découvrir leur vocation et à gagner ce qu’il appelle le véritable championnat de la vie : vivre avec le Christ et parvenir à la vie éternelle.

C’est dans cet esprit qu’il a livré cette réflexion dans le reportage de juillet 2026 : « Je suis prêt à souffrir pour l’Évangile. Je suis prêt à souffrir pour que les hommes connaissent Jésus ».

En résumé, il y a des hommes qui rêvent de porter le maillot d’un grand club. D’autres rêvent de devenir prêtres. Chase Hilgenbrinck a connu les deux chemins.

Il a porté le maillot d’une équipe professionnelle, foulé les pelouses du football international et connu la reconnaissance des supporters. Mais un jour, il a compris que Dieu l’appelait à une autre mission.

Il a alors quitté les stades pour l’autel, les compétitions pour le ministère sacerdotal, les applaudissements des supporters pour le service du peuple de Dieu.

Son histoire nous rappelle que la vocation n’est pas toujours l’abandon d’un rêve, mais parfois la découverte d’un appel plus grand.

Le plus beau but de sa vie n’a finalement pas été marqué dans un stade, mais dans le oui qu’il a donné à Dieu.

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