EDITORIAL/ RESTAURER LA CAF

La fumée blanche est sortie. Enfin. En vérité, il faut dire que l’attente n’a pas été longue. Peut-être savait-on, à peu de choses près, ce qu’il fallait faire. Peut-être était-il évident que des abus de ce genre ne sauraient restés impunis, qu’importe si l’on est ressortissant d’un royaume dit chérifien, qu’importe si l’on vient du pays dit de la teranga. Thiaw, Saibari, Hakimi et les autres paient pour leurs abus. Et c’est très bien.

L’annonce des travaux du jury disciplinaire de la CAF a vite fait de susciter émoi, hantise et frissons. Chacun a tiré le drap de son côté, chacun y est allé de son fantasme. Il y en a eu qui ont même cru que le trophée serait retiré au Sénégal. Ceux-là sont de vrais perdants, des mauvais s’il peut y en avoir de pires. Ceux-là ont sans doute prié tous les dieux qui puissent avoir existé dans la tête bet dans l’esprit des humains afin que leur fantasme devînt réalité. Mal leur en a pris. Le jury disciplinaire de la CAF a sans doute surpris plus d’un en brandissant ses cartons à tous ceux qui le méritaient.

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Je veux parler de Pape Bouna Thiaw. J’ai fait des yeux tout ronds en entendant la ministre sénégalaise des sports proclamer que Thiaw a agi comme il fallait, en bons sénégalais. Soit. Veut-elle dire que le bon sénégalais piétine les lois écrites et les conventions tacites ? Je n’ose pas le croire car, comme tout jeu, le football a ses règles et tous ceux qui s’engagent dans des compétitions de cette discipline font le serment de les respecter. « My game is fair play », renseigne la bannière de la FIFA. En demandant à ses joueurs de sortir du terrain en contestation d’une décision arbitrale, Thiaw a marché sur la loi du football, il a défiguré le football. Ses excuses n’y changent rien, il mérite ses sanctions.

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Je veux parler de Saibari et de Hakimi. On ne peut pas gagner tous les jours. ILls ne l’ignorent pas. Le PSG a investi des centaines de millions d’euros durant 13 longues années pour l’objectif de la ligue des champions. Chaque année, les bailleurs qataris faisaient remettre l’ouvrage sur le métier, sans jamais sortir des rangs, acceptant courageusement les défaites, permettant revenir plus fort la prochaine fois. Hakimi devrait s’en inspirer et éviter d’offenser le football en posant les actes répugnants qui lui sont reprochés.

Je ne veux pas parler de Saibari, en vérité. Il veut se faire okus gros que le bœuf, comme la grenouille de La Fontaine. Tout le monde sait ce qui arrive à de tels élans. Je veux seulement croire que l’échec de la CAN et les sanctions lui ouvriront l’œil et le rendront plus modeste. Chaque chose a son temps, dit-on. Ce n’est jamais tard de l’apprendre. Même si c’est à ses dépens.

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Je veux parler de la CAF et de sa gestion du football africain. Depuis l’arrivée de Motsepe, des lignes ont bougé dans le mauvais sens. De plus en plus de personnes expriment le sentiment que la CAF serait devenue le moulin à vent de certaines personnes, de certaines fédérations. Celles-là ont des privilèges indus et c’est malheureusement dans ce contexte que surgit l’ère du soupçon dont le paroxysme est atteint à la dernière édition de la CAN. Beaucoup de gens, je les ai rejoints après le penalty non sifflé en faveur de la Tanzanie en huitièmes et surtout les cartons jaunes brandis à Tolo et à un coéquipier dès les premiers instants du quart de finale face au Maroc, une fois encore, étaient convaincus que l’arbitrage était tendancieux, en faveur du pays hôte, malheureusement. La CAF n’a rien fait pour désamorcer la bombe qui augmentait de puissance match après match.

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La CAF a  d’ailleurs osé dissimuler la publication des officiels d’un match jusque assez tard, trop tard pour apporter de l’eau au moulin de ceux qui ne doutaient pas des combines. Inacceptable. J’en tire la conclusion que la CAF a l’obligation d’améliorer sa gouvernance. Le pire est déjà arrivé mais il est toujours possible de sauver l’essentiel. La CAF a grand besoin de restaurer son crédit et son autorité. Le visage hideux présenté au cours de la finale du 18 janvier ne lui profite point et il est urgent que des réflexions soient menées afin de trouver les formules urgentes pour restaurer la CAF. Le défi n’est pas petit. Docteur Motsepe, la famille africaine du football vous regarde ; elle attend que vous releviez le défi.

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